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Les enjeux de l’évolution récente du télétravail en Suisse

Thématique désormais incontournable dans le monde professionnel, beaucoup d’entreprises ont dû mettre en place le télétravail plus ou moins à la hâte lors du premier semi-confinement au printemps 2020 afin de gérer au mieux la crise du COVID-19. C’est depuis devenu une réalité de plus en plus étendue que cela soit par choix ou par contrainte selon les directives du Conseil fédéral.

Nous avons désormais un peu plus de recul pour déterminer les enjeux, réticences et lacunes, notamment juridiques, quant au travail effectué hors des bureaux des structures professionnelles.

Afin de traiter au mieux ce sujet, nous allons nous intéresser à sa définition, son évolution, au droit des employés d’avoir recours à ce dernier ainsi que celui des employeurs pour le réguler, aux enjeux relatifs à la productivité, la surveillance et également la gestion du temps de travail à distance. Des recommandations, notamment quant aux outils importants lors de la mise en place du télétravail, vous serons également fournis en fin d’article.

Que signifie exactement le terme « télétravail » ?

Il est commun de penser que le télétravail se rapporte au travail effectué à domicile alors qu’en lui-même, il comprend tout travail effectué hors de l’entreprise. Avec cette notion mieux définie, les statistiques qui y sont liées sont dès lors plus facilement interprétables. En effet, le travail à domicile existe depuis des siècles et concerne principalement les artisans. Le télétravail concerne aussi les travailleurs réalisant leurs tâches grâce aux moyens de communication modernes, et pas uniquement depuis chez eux. Cela peut aussi par exemple être dans le train ou depuis un bureau situé en-dehors de l’entreprise, tel que dans un espace de coworking ou bien évidemment, dans leur domicile privé.

De quelle manière le télétravail a-t-il évolué ?

Comme nous l’avons déjà expliqué dans un article précédent, le télétravail était déjà en hausse, toutes branches confondues avant la crise du COVID-19.

210112 Evolution du télétravail en Suisse FR

Source: Suisse Info (SWI), 2020

La pandémie que nous vivons accentue de manière considérable cette tendance étant donné que de nombreux employeurs ont été obligés d’intégrer le télétravail pour la première fois dans leur organisation. Selon une étude de la société de conseil Deloitte Suisse, au plus fort de la crise, la part des télétravailleurs a doublé. Les experts ayant réalisé cette étude relèvent qu’il y a peu de probabilité que cette part redescende après la crise au niveau qu’il y avait avant celle-ci. Selon une autre enquête menée par Joanna Bessero et Marie-Laure Vonlanthen, 87% des sondés souhaitent pouvoir continuer à télé travailler d’une manière ou d’une autre. Toutefois, ce système ne pourra probablement pas se généraliser rapidement de manière massive en Suisse. Pourquoi ? Car les investissements nécessaires dans le domaine informatique, de la sécurité et également des assurances peuvent entraîner des résistances. Nous assistons à beaucoup plus d’attaques, qu’elles soient physiques (par exemple effraction des locaux restés vides) ou virtuelles (cyberattaque, cryptovirus, ransomware, etc.), car désormais, ce n’est plus une seule place qu’il faut sécuriser mais une multitude d’endroits. Cela peut rendre le télétravail coûteux et risqué. Il y a aussi des barrières culturelles car si nous comparons nos chiffres avec ceux des pays de l’Union européenne, nous sommes à la traîne. Si nous regardons du côté des Etats-Unis, il apparaît clairement que nous ne sommes pas avant-gardistes en la matière (SWI, 2020). Cela se ressent également du côté juridique.

Quid du droit et régulation du télétravail ?

Le droit au télétravail des employés n’existe pas en Suisse. De ce fait, la notion de volontariat est très importante. Distinguer si le télétravail se fait sur une base volontaire ou non permet de mieux le réguler comme nous allons le voir par la suite. Lorsque le télétravail est proposé par l’employeur et accepté par l’employé, il est primordial de savoir que l’employé possède les mêmes couvertures légales en cas de maladie et d’accident que pour son travail en présentiel. Cela signifie que si l’employé a un accident durant ses heures télé travaillées, cela doit être considéré comme un accident professionnel. Pour prévenir cela, des conseils vous sont indiqués en fin d’article. D’ailleurs, des normes minimales doivent être respectées. Normalement, tous les frais et dépenses engendrées dans le télétravail doivent être payées par l’employeur et les parties peuvent aussi convenir que les frais du collaborateur lui soient remboursés à l’aide d’une indemnité forfaitaire. Concernant le loyer, pour l’instant, une participation doit être versée par l’employeur à l’employé uniquement s’il est 100% en télétravail. De plus, l’employeur doit aussi fournir le matériel et l’équipement dont ses collaborateurs ont besoin ou nécessaires pour la bonne exécution de leurs tâches. Toutefois, cette situation pandémique n’étant pas normale, il est clair que ces exigences doivent être adaptées selon le principe de proportionnalité. Pour vous aider, l’Union syndicale suisse (USS) a mis à disposition un guide sur le télétravail et les règles en vigueur.

D’un point de vue de l’employeur et de la régulation du télétravail de ses employés, il est nécessaire de rappeler qu’il n’y pas non plus de cadre légal clair. L’USS regrette le fait que qu’il n’y ait que certains secteurs qui possèdent des réglementations spécifiques au travers de convention collective du travail (CCT) et elle estime qu’il faudrait adapter la loi fédérale. Pour que la loi sur le travail inclut le télétravail, elle devrait donc être révisée dans son ensemble et cela prendra forcément des années. C’est pourquoi l’Union patronale suisse (UPS) a mis à disposition à la mi-octobre 2020 un modèle de convention du télétravail. Cette proposition n’a pas fait l’unanimité car certains syndicats estiment que ce modèle possède des clauses illégales. Néanmoins, il reste vivement recommandé aux employeurs de conclure une convention réglementant avec précision les modalités du télétravail de ses collaborateurs.

Rappelons que déjà en 2017, une motion avait été déposée afin que le droit à la déconnexion, qui existe en France, soit précisé dans le cadre légal afin d’accompagner les évolutions technologiques du travail. Cette motion souhaitait qu’il y ait un droit explicite à la déconnexion pour les employés en Suisse, en dehors des heures de travail prévues dans le contrat de travail. En d’autres termes, que l’employeur n’ait pas le droit d’exiger de son employé qu’il soit disponible hors de ses heures de travail. Le Conseil fédéral avait à cette époque estimé qu’il existe déjà des limites légales claires et suffisantes à la joignabilité permanente dans la loi sur travail régulant notamment les mesures liées au timbrage et les temps de repos. Dans certains cas, des employés peuvent être exemptés de pointer, mais dans tous les cas, un employé doit pouvoir maintenir sa productivité, qu’il soit en train de travailler au bureau ou à l’extérieur de celui-ci.

Comment être certain que la productivité de ma structure professionnelle ne soit pas impactée par la mise en place du télétravail ?

Les semi-confinements ont démocratisé le travail à domicile. Une des grandes craintes des dirigeants est que cela engendre des coûts liés à la perte de productivité. Pour certains secteurs, on ne peut pas nier que c’est une réalité, mais pour d’autres, ce n’est pas le cas et quoi qu’il en soit, il faut réfléchir aux moyens de s’assurer sur le long terme que les employés se portent bien et qu’ils travaillent toujours aussi efficacement et cela, sans les voir. C’est une responsabilité et une tâche difficiles. Néanmoins, il est intéressant de relever que selon l’enquête menée par Deloitte, la majorité des répondants ont déclaré que le télétravail n’avait pas impacté leur productivité. Plus de 40% ont même estimé avoir gagné en efficacité.

210113 Productivité Télétravail FR

Source: Deloitte Research, BFS

Comment expliquer cela ? Par la cessation des interruptions inutiles, la disparition de la pression sociale du présentéisme et le fait que seuls les résultats comptent. Cependant, pour des questions psychosociales évidentes, gardons à l’esprit qu’il faut à tout prix faire en sorte de garder les liens entre les collègues. Si la situation, entres autres sanitaire, le permet, il est préférable d’éviter d’instaurer le 100% en télétravail. Retourner régulièrement au bureau afin de rencontrer ses collègues mais également sa hiérarchie pour ne pas perdre de vue ses objectifs professionnels est un point crucial. Afin d’être certains que ces objectifs ne soient pas mis de côté, les patrons peuvent être tentés de surveiller leurs employés. En ont-ils le droit ?

Est-ce qu’un employeur a le droit de surveiller ses collaborateurs ?

L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail stipule qu’il « est interdit d'utiliser des systèmes de surveillance ou de contrôle destinés à surveiller le comportement des travailleurs à leur poste de travail. ». Installer un logiciel espion sur le poste de ses collaborateurs est une pratique illégale. Toutefois, selon la jurisprudence, il est admis qu’une surveillance à des fins de sécurité, de contrôle de la qualité des prestations ou du rendement est admise si le collaborateur en a été informé au préalable et que cette surveillance est proportionnée. C’est le cas chez Novartis, qui, sur base volontaire, autorise le télétravail permanent et propose même une contrepartie financière pour l’aménagement d’un bureau à domicile. En échange, ses employés installent un logiciel qui rapporte leurs activités téléphoniques et digitales. Ainsi, le géant pharmaceutique peut affirmer que sa productivité n'a pas baissé. Pour le moment, ce cas fait figure d’exception, il est tout de même curieux de constater que nous sommes passés d’un paradigme prônant le bonheur et la confiance au travail à celui qui se rapporte maintenant plutôt au contrôle et au maintien de l’efficacité. Voyons comment nous pouvons viser l’harmonie entre ces différentes tendances.

Comment gérer son horaire en télétravail ?

Le travail à domicile, lorsqu’il est nouveau pour l’employé, comporte forcément des risques. Certains ont tendance à travailler plus longtemps et il y a des possibles points de conflits entre le travail et la gestion de la vie de famille ou sociale. Par peur d’être considéré pour des tricheurs, des employés passent plus de 8h sans bouger derrière leur écran alors qu’au bureau, des pauses peuvent être prises plus aisément. Même si l’expérience diffère selon les individus, la situation matérielle et/ou la présence de membres de la famille, voire du cercle social proche, dans le domicile sont des facteurs importants. Sources de stress ou de distraction, se couper de tout n’est pour autant pas la solution optimale. Néanmoins, avoir un espace dédié et un horaire bien défini qui comprend également des moments de repos sont importants. Idéalement, son horaire doit être coordonné avec son équipe de travail selon leur disponibilité mutuelle. Ainsi, comme beaucoup de choses, tout est une question d’équilibre et pour l’atteindre, il faut tester, analyser et optimiser. Pour ce faire, mettez toutes les chances de votre côté à l’aide de nos recommandations.

À quoi est-ce qu’il faut que je fasse attention lors de la mise en place du télétravail dans ma structure ?

La sélection des outils permettant de télé travailler est très importante. Soyez à l’aise dans votre espace de travail en l’aménageant de manière ergonomique. Cela permet de réduire le risque de douleurs physiques. Pour ce faire, il est bien de disposer d’une surface de travail suffisante, c’est-à-dire d’au moins 160 x 80 cm, ainsi que d’une chaise à hauteur réglable afin que les pieds touchent fermement le sol mais que les épaules restent relâchées. La luminosité est un facteur à considérer également, tout comme avoir une vue ou une fenêtre sur l’extérieur. Pensez à ranger l’espace autour de votre bureau afin de pouvoir circuler librement autour sans risque de trébucher sur des câbles par exemple. Concernant les outils de travail digitaux, nous avons consacré un article qui vous explique les avantages en matière de flexibilité des progiciels en mode Saas (Cloud) que nous vous encourageons à lire. Ce type de logiciel permettent une prise en main aisée et la dernière version du logiciel en gestion du temps Kelio est entièrement personnalisable. Cela permet d’intégrer facilement tous nouveaux collaborateurs et ce, même à distance. L’emploi de personnel à distance implique aussi l’amplification d’une nouvelle tendance : celle de la formation virtuelle. En effet, ce n’est pas parce qu’on ne peut plus se voir qu’on devrait arrêter de se former, bien au contraire. C’est pourquoi Bodet a développé son propre campus virtuel : la Bodet Academy. Grâce à la Bodet Academy, vous pouvez vous former virtuellement (en français uniquement pour l’instant mais la version allemande est également prévue) à votre rythme à toutes les nouveautés qui vous permettent d’intégrer le télétravail aisément dans la gestion du temps de travail de vos collaborateurs. Vous trouverez plus d’informations sur cette page dédiée. Nous nous réjouissons de continuer à développer ce domaine prometteur qu’est l’e-learning et de vous en dévoiler encore plus !

Vous êtes concerné par la thématique du télétravail dans votre structure professionnelle ? Alors vous serez séduit par notre progiciel vous permettant de gagner en autonomie dans votre gestion du temps du personnel.

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